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27 décembre 2010

Etudes de retro-priming et meta-analyse prospective

Deux psychologues britanniques, Richard Wiseman et Caroline Watt, ont annoncé la mise en place d’une méta-analyse prospective sur les études de retro-priming.

Les effets psi recherchés par les psychologues sont des effets de taille faible, répartis à travers la population. Or, un effet de taille faible requiert un nombre important de données pour pouvoir être mis en évidence. Le temps et les ressources des chercheurs étant limitées, une seule expérience ne contient souvent donc suffisamment pas assez de données pour pouvoir permettre de conclure. Ainsi, il est nécessaire d’accumuler les données de plusieurs expériences, d’où l’importance des méta-analyses : des revues quantitatives analysant collectivement les données d’expériences similaires. Pendant un certain temps, l’espoir que les méta-analyses allaient résoudre les débats sur l’hypothèse psi fut entretenu. La stagnation des débats malgré la multiplication des méta-analyses publiées (notamment sur le ganzfeld) ont en partie éteint cet espoir.

Une des raisons est que les méta-analyses aussi ont leur limites. En particulier, une méta-analyse repose sur l’hypothèse que les études incluses sont un échantillon représentatif (si non exhaustif) de toutes les études sur le sujet étudié. Or, il existe souvent un biais de publication, aussi connu sous le nom d’effet tiroir : les chercheurs ont plutôt tendance à publier leur recherche si les résultats sont positifs –les expériences sans résulat restant au fond des tiroirs. Même si cet effet tiroir peut être estimé grâce à des méthodes statistiques, il réduit fortement le poids et la crédibilité des méta-analyses.

Pour contourner ce problème, des méta-analyses prospectives ont été mises en place en recherche clinique, pour laquelle la réalité ou l’absence d’un effet, même faible, peut avoir des conséquences énormes en terme de santé publique. Le principe est le suivant : au lieu de rechercher les études passées de manière rétrospective, les auteurs de la méta-analyse invitent les chercheurs à enregistrer leur expérience avant qu’ils ne commencent à collecter leurs données. Les critères d’inclusion des études sont ainsi déterminés à l’avance, et seulement les études enregistrées, publiées ou non, seront incluses dans la méta-analyse, indépendemment de leurs résultats. Les méta-analyses prospectives, bien que ne protégeant pas de la fraude, évitent donc le problème du biais de publication.

L’étude de Bem à paraître, dont nous avions parlé ici, a eu beaucoup d’impact dans la presse et a fait l’objet de plusieurs commentaires dans les blogs spécialisés (voir en particulier une liste d’articles ici). L’intérêt de l’étude de Bem est que les expériences décrites sont relativement simples à mettre en place pour un chercheur en psychologie expérimentale. Beaucoup de données peuvent donc être générées en peu de temps. Les expériences de précognition de Bem sont donc un excellent candidat pour une méta-analyse prospective.

C’est ce qui a motivé les chercheurs en psychologie expérimentale Richard Wiseman et Caroline Watt à inviter les chercheurs désireux de tenter une réplication d’une des expériences de Bem à s’enregistrer auprès d’eux (voir le communiqué ici). Les données des études enregistées seront regroupées et analysées collectivement dans un an. Ce projet constitue la première méta-analyse prospective dans ce domaine, projet d’autant plus rare dans un domaine de recherche non-clinique, et qui ouvre peut-être la voie à des programmes de recherches permettant de dépasser certains débats actuels dans ce champ de recherche.


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